Marie Loana et Jean-Kévin, vos nouveaux modèles


Opposition, mais pas trop

 

Vous le savez, je suis ce qu’on appelle une « mère au foyer ». Mais contrairement à l’idée détestable très répandue, je ne suis pas une oisive, loin de là !

 

Entre les repas de ma petite famille, le ménage et le linge, je fréquente assidûment le club de lecture d’Arlon, que j’eus même le bonheur de présider durant un quinquennat. Je suis également membre du club de tricot de mon village et je cultive de nombreuses herbes dont je fais des décoctions qui ont souvent rendu de fiers services à mes voisins et amis.

Mais s’il y en a un pour qui je ne peux rien, c’est ce vilain monsieur qui cette semaine s’en est pris de façon fort discourtoise à ce si charmant Philippe Henry, jeune ministre écologiste dont je suis le parcours depuis ses débuts à la fédération des étudiants.

J’étais chez mon boucher quand j’entendis parler de la dernière sortie en date du triste sire. « Philippe Henry est un nul parmi les nuls », clamait-il.

Et pourquoi donc ? Eh bien tenez-vous bien : parce que les promoteurs d’une grande surface avaient décidé de s’installer ailleurs que dans sa commune.

Et non content de vilipender de manière si injuste un jeune ministre si prometteur, Monsieur Eerdekens annonçait « entrer en opposition ».

Mais moi, chers amis, je sais ce qu’est un centre ville. Et je sais aussi, pour les avoir visités, ce que sont des centres villes désertés par les magasins. Tués par les shopping centers et autres zonings commerciaux. Objets de toutes les attentions des édiles qui aujourd’hui tentent vainement de les faire revivre en y attirant… de grandes enseignes !

Et voilà comment le serpent se mord la queue mes amis.

Mon boucher était bien d’accord avec moi, lui qui tient son magasin depuis 50 ans à la suite de son père et de son grand-père. Ma boulangère et mon libraire étaient très choqués à la lecture du journal et le facteur a presque pleuré en découvrant l’article, mais il faut dire qu’il sortait de chez Monsieur le Curé, comme lui amateur de bon vin.

Car non les amis, les fossoyeurs de la Wallonie ne sont pas ceux qu’on pense.

Monsieur Eerdekens, je me souviens encore de ce moment funeste où, fier comme un paon, vous avez déclaré en pleine commission Dutroux devant la Belgique médusée : « Faute avouée àa moitié pardonnée ». Depuis ce jour, vous êtes très loin de mon coeur.

Et avouez ! Avouez que vous êtes un menteur vous-même, qui nous annoncez sur la page d’accueil de votre site internet : « Tout au long de ma carrière politique, l’une de mes principales préoccupations a toujours été de maintenir la plus grande proximité possible avec la population ».

Et permettez-moi de vous dire que pour quelqu’un qui a décidé d’enfin devenir « indépendant de parole », vous feriez mieux de continuer dede vous taire, comme vous l’a judicieusement « conseillé » votre parti aujourd’hui, alors que vous vous apprêtiez à poser 30 questions orales à notre bon Ministre.

Rentrez dans les rangs. D’autres se chargent de l’opposition. D’autres encore pratiquent l’indépendance de parole. Chacun son rôle, Monsieur Eerdekens, et les moutons seront bien gardés !